Gérard Lambert fait pétiller les vins de Seyssel

Dans une volonté de préserver le terroir, faire travailler les producteurs locaux et consommer des produits fabriqués à quelques kilomètres à la ronde, le Rezo des Fondus s’est mis en quête d'un vigneron en Haute-Savoie ! C’est chose faite avec la rencontre de l’incroyable Gérard Lambert, vigneron à Seyssel. Il y a dix ans, il a fait le pari fou de reprendre la maison historique Royal Seyssel pour lui redonner sa splendeur d’antan. Rencontre avec un passionné, qui œuvre sans relâche jour après jour pour protéger le terroir et faire perdurer l’histoire du vin en Haute-Savoie.

 « Il y a plus de 2000 ans la fabrication de vin a débuté dans la vallée du Rhône et Seyssel était le dernier port sur le Rhône, un port important sur lequel il y a eu de tous temps beaucoup d’échanges économiques. Les bateaux remontaient de la Méditerranée et c’était le dernier port. Les marchandises venaient de Gruyère en Suisse sur des chars tirés par des bœufs pour être acheminés jusqu’au port de Seyssel. La vigne a été développée jusqu’à atteindre 14 fois la superficie d’aujourd’hui».

Rencontrer Gérard Lambert, c’est aller au contact de l’histoire qui a façonné le territoire de Seyssel depuis plus de 2000 ans.
La famille de Gérard Lambert a toujours cultivé la vigne depuis trois générations. Gérard s’occupe des vignes familiales le plus longtemps possible, jusqu’à ce qu’il prenne la voie de l’industrie durant 8 ans chez SNR. Puis à 28 ans il monte son entreprise de négoce de vin, spiritueux, etc.

« La grande période qui a fait la renommée des vins de Seyssel c’est 1856 : la naissance du Royal Seyssel qu’on appelait le « Champagne de Seyssel », vin très prisé par la famille royale de Seyssel et la Reine Victoria, qui venait en cure à Aix les Bains ».

Au fil des années la maison Royal Seyssel est reprise par deux fois par des grands groupes.
En 2008, celle-ci décide de fermer le site de production du Royal Seyssel, jugé pas suffisamment rentable. Les familles vigneronnes sont désemparées, pas d’autre solution alors pour elles que d’arracher les vignes. C’est ainsi que Gérard Lambert se sent investi d’une mission : celle de sauver cette fabrication locale historique et tous les vignerons qui travaillent pour produire le raisin qui la constituent.

« Je ne peux pas me résigner à la disparition de cette part de notre patrimoine. Je fonce sans réfléchir. Je dois agrandir le bâtiment, doubler la surface pour accueillir les cuves et un espace de stockage pour le Royal Seyssel. Le timing est très serré. Les vendanges doivent pouvoir être accueillies six mois plus tard ! Un tour de force réussi ».

L’entourage le prend pour un fou, peu importe, il fonce !
Il se forme au métier de vigneron, en même temps qu’il construit le bâtiment. Pour ce faire, il suit un stage à l’Institut œnologique de Champagne. Il souhaite aussi redonner une dimension internationale à son vin, il fait donc un stage de langue pour parfaire son anglais. Et tout cela en six mois ! Ce vin avait perdu en qualité, il fallait lui rendre ses lettres de noblesse. Il choisit donc de le laisser vieillir au minimum trois ans.

En 2012, il débute la commercialisation et change l’image du produit.

C’est ainsi qu’avec beaucoup de courage, de conviction et de travail, il parvient à passer de 10 000 à 80 000 bouteilles vendues chaque année. Son champagne local gagne en notoriété et sa qualité est accréditée par les nombreux prix qu’il remporte : médaille d’argent au Concours Mondial des meilleurs méthodes traditionnelles champenoises du monde. Puis Prix d’excellence au Concours des Œnologues d’île de France. Puis Médaille d’or au Concours général agricole de Paris. Des labels gages de qualité. En 2018, il obtient même un article dans le New York Times !

Il espère aujourd’hui parvenir à son objectif de 100 000 bouteilles par an et développer l’exportation.

Il espère également à terme pouvoir transmettre cette entreprise au sein de laquelle il est multi-casquette et joue de très nombreux rôles à un autre passionné qui comme lui préservera cette part de notre histoire locale.

La marque est présente un peu partout aux USA. L’export représente 12% du chiffre d’affaire. La notoriété locale est elle aussi à développer. La marque est encore trop peu connue auprès des hauts savoyards.

« Emmanuel Renaud, le Flocon de Sel à Megève, est mon meilleur ambassadeur. L’année prochaine je sors une bouteille d’exception qui a dix ans d’âge ».

 Pourquoi rejoindre DMZ 74 ?

"Je suis convaincu de cette nécessité de se rassembler, de se retrouver. Les pays de Savoie regorgent de savoir-faire et de compétences. Les haut-savoyards ne se rendent pas compte de cette richesse. DMZ 74 est une évidence. En tant que consommateurs, nous étions partis sur de mauvaises pistes : consommer trop sans se soucier de la provenance ni des conséquences sur notre environnement. Il est temps de rappeler que sur notre territoire, il y a des gens qui travaillent bien".

 

 

 

 

 

 

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